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Forêts publiques de l’Estrie

UA051-51 : richesse collective, enjeux partagés

 

91% des forêts estriennes sont privées; 730 000 ha, 9 200 propriétaires. Pour les 9% restant : 80 000 ha, un propriétaire : l’État. Compte tenu de l’accessibilité relative des forêts privées, les territoires forestiers publics sont très sollicités. Entreprises forestières, acériculteurs, chasseurs, randonneurs, environnementalistes en tous genres, municipalités et… la Sépaq se partagent un territoire fragmenté inégalement réparti dans la partie est de la région.

 

Ce pactole territorial public est réparti entre : la Sépaq (parc national du Mont-Orford, parc national du Mont-Mégantic, parc national de Frontenac), deux réserves écologiques (Samuel-Brisson et Gosford), la Forêt habitée du mont Gosford (gérée par la municipalité de Woburn), la ZEC Louise-Gosford, la ZEC Saint-Romain, des acériculteurs en location (1 200 000 entailles) et les parcs régionaux du Mont-Ham (MRC des Sources) et du Marécage des Scots (MRC du Haut-Saint-François). Superficies accessibles aux forestiers pour la récolte de produits ligneux : 37 500 ha couvrant surtout la zone frontalière de la MRC du Granit et quelques étendues dans les MRC voisines. À noter que la partie Louise (ZEC Louise-Gosford), la ZEC Saint-Romain et les deux parcs régionaux sont sujets à la récolte de bois par les bénéficiaires de garanties d’approvisionnements (BGA).

 

Sur les parties ouvertes à la récolte selon les règles de l’aménagement forestier, la possibilité forestière annuelle moyenne oscille autour des 60 400 m3s (2014-2017) pour une récolte de près de 74% de ce volume, équivalent à 1 200 camions-remorques. On y prélève par travaux mécanisés (multi et débardeurs) du peuplier, de l’érable à sucre et de l’érable rouge, du bouleau jaune, du sapin, de l’épinette blanche et de l’épinette rouge et quelques essences moins dominantes, mais qui présentent un potentiel de commercialisation. Les prix sont fixés par le Bureau de mise en marché de bois (BMMB), un organisme gouvernemental. Et près de 700 km de chemins à l’entretien irrégulier sillonnent ce territoire en permanence ouvert à tous, sauf dans les zones « zecquées ».

 

Évidemment ce « petit patrimoine forestier » du sud du Québec de 37 500 ha (0,0013%), comparativement à l’ensemble du territoire forestier public québécois - 28 215 000 ha - sous régime d’aménagement à l’enseigne de la Loi sur l’aménagement durable du territoire forestier (Nouveau régime forestier 2013), subit les pressions de multiples « demandeurs » et usagers qui ne partagent pas nécessairement la même vision concertée. De là l’importance stratégique de la Table de gestion intégrée des ressources et du territoire (TGIRT), qui coordonne et gère dans le meilleur intérêt de ses utilisateurs et surtout dans une optique de durabilité écosystémique, les visées de tout un chacun des groupes et entreprises manifestant des prétentions d’usage de cette forêt publique certes très petite en superficie, mais riche de potentiels.

 

La TGIRT 05 (Estrie) est une parmi les 34 Tables GIRT du Québec. Mais au-delà de la stricte récolte de bois, l’ensemble des usages, selon la Loi, doit être coordonné par une table régionale mettant à contribution les porte-paroles des principaux organismes et structures régionales ainsi que les représentants du MFFP interpelés par la vocation de ce territoire. La concertation s’impose et chaque usager doit apprendre à partager le territoire en fonction des valeurs adoptées par l’ensemble. Foresterie durable, faune, activités de plein air, biodiversité, régime hydrique, paysages, accessibilité, droits ancestraux des premières nations sont autant de valeurs qui doivent animer la Table en fonction de la durabilité de l’écosystème de la « petite » UA051-51 et de son apport significatif aux dimensions économiques, sociales, culturelles et environnementales de l’Estrie.

 

JP Gendron, président

Février 2018

 

 

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